Dépistage IST/MST : tout savoir

person Ecrit par: Point G Loveshop list Catégorie: Santé sexuelle

Se faire dépister pour les IST (infections sexuellement transmissibles, ou MST pour leur ancien nom) n’est ni dramatique ni tabou. Au contraire : c’est un geste responsable pour prendre soin de soi et de ses partenaires. Voici l’essentiel pour vous informer, vous rassurer… et passer à l’action sereinement.

Pourquoi faire un dépistage des IST ?

Même sans symptôme, on peut être porteur·se d’IST comme le VIH, la chlamydia ou la gonorrhée et les transmettre sans le savoir. Le dépistage permet d’agir vite, souvent gratuitement, de diminuer les risques de complications (comme l’infertilité ou certaines infections graves), et surtout, d’éviter la transmission. Un seul rapport non protégé peut suffir. En gros c'est prendre soin de soi et de ses partenaires !

À quel moment faut-il se faire dépister ?

Dès qu’on a eu un rapport sexuel non protégé avec un·e nouveau·lle partenaire. Même si c’était juste une fois, même s’il n’y a pas eu de pénétration. Le mieux, c’est de faire un dépistage régulier, surtout si on a plusieurs partenaires. L’idéal, c’est tous les 3 à 6 mois pour les personnes sexuellement actives, et systématiquement après un rapport à risque. En cas d’agression sexuelle, il est important de consulter rapidement un professionnel de santé pour bénéficier d’un accompagnement médical, psychologique et, si besoin, effectuer un dépistage des IST/MST dans les meilleurs délais. Et bien sûr lorsqu'on présente des symptômes. 

Et si le rapport à risque est très récent ? Pensez au TPE

Si vous avez eu un rapport sexuel non protégé avec un risque potentiel de contamination au VIH (partenaire séropositif connu ou inconnu, exposition au sang ou au sperme, etc.), vous avez jusqu’à 48 à 72 heures pour réagir. 

Lire aussi : Que faire après un rapport à risque ?

Il existe un traitement préventif appelé TPE (Traitement Post-Exposition), accessible aux urgences ou dans certains CeGIDD. Plus il est pris tôt, plus il est efficace pour empêcher l’infection. Après 72h, il est trop tard, donc en cas de doute : consultez vite.

Combien de temps après une prise de risque faut-il faire un dépistage pour qu’il soit fiable ?

Le dépistage des IST/MST ne se fait pas n’importe quand. Chaque infection a un délai de détection (ou « fenêtre sérologique »), c’est-à-dire un temps minimum entre la prise de risque et le moment où le test peut détecter l’infection de manière fiable parceque l'organisme a développé une charge virale ou une réponse immunitaire suffisante. Par exemple, pour le VIH, on recommande d’attendre 6 semaines après le rapport à risque pour un test fiable, même si certains tests de 4e génération peuvent détecter le virus dès 15 jours. Pour la chlamydia ou la gonorrhée, les tests urinaires ou les prélèvements (génitaux, anaux ou buccaux) sont fiables à partir de 7 jours après l'exposition. Quant à la syphilis, le délai est d’environ 3 à 6 semaines. En cas de doute, un professionnel de santé peut vous guider sur les bons délais à respecter selon le type d’IST suspectée.

Ce qu'il faut retenir c'est qu'en moyenne il faut se faire dépister 6 semaines après le dernier rapport non protégé (oral, vaginal ou anal)

Quelle est la fiabilité des dépistages des infections sexuelles ?

Il existe bien des taux de fiabilité pour les tests de dépistage des IST/MST, et ils varient en fonction :

  • du type d’infection recherchée

  • du test utilisé

  • du moment où le test est réalisé (en lien avec la fenêtre de détection)

VIH

  • Test ELISA de 4e génération (sanguin) :
    Fiabilité > 99,9 % à partir de 6 semaines après le risque.

  • Autotest VIH (test rapide en pharmacie) :
    Fiabilité > 99 % mais seulement 3 mois après la prise de risque.


Chlamydia, Gonorrhée (infection à gonocoque), parfois Trichomonase

  • Test urinaire, vaginal, anal ou pharyngé:
    Fiabilité > 95 %, souvent proche de 99 %, dès 7 jours après le rapport à risque.

Si le test revient négatif mais que vous présentez tout de même des symptômes, demandez une ordonnance pour un test PCR (un écouvillon à insérer dans l'urètre ou vaginal. Il peut également vous prescrire un ECBU classique pour voir s'il ne s'agit pas simplement d'une infection urinaire.


Syphilis

  • Test sanguin (TPHA/VDRL ou RPR) :
    Fiabilité > 98 % à partir de 3 à 6 semaines après l’infection.


Hépatites B et C

  • Tests sanguins :
    Fiabilité > 99 % si effectués 6 à 12 semaines après le contact à risque.


Ces tests sont très fiables s’ils sont réalisés dans de bonnes conditions, avec le bon prélèvement et au bon moment. Un dépistage trop précoce peut donner un faux négatif, même si l’infection est présente, d’où l’importance de respecter les délais indiqués par les professionnels de santé.

En quoi consiste vraiment un dépistage IST ?

Différents tests sont possibles selon votre situation :

  • Prise de sang : recherche du VIH, syphilis, hépatites B/C.

  • Prélèvements urinaires : pour la chlamydia ou la gonorrhée (à faire avec le premier jet d’urine du matin).

  • Frottis vaginal, anal ou buccal : selons vos pratiques sexuelles.

  • Temps de résultats : en général 24 à 72 heures, parfois minutes pour certains tests rapides (VIH).

Où faire un dépistage des IST/MST ?

Pas besoin de passer par la case médecin systématiquement. On peut se faire dépister :

  • Dans un CeGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic), souvent gratuit et anonyme.

  • Dans un laboratoire d’analyses médicales avec ou sans ordonnance. Depuis peu, les tests en laboratoire sont gratuits et sans ordonnance pour les moins de 26 ans !

  • Chez son médecin traitant, gynéco, ou centre de santé sexuelle.

Pour trouver un CeGIDD proche, tu peux consulter le site officiel sida-info-service.org ou le site de l'ARS Hauts de France

Comment faire soi-même les tests IST avec les écouvillons ?

C'est pas toujours évident de savoir : où ça se met, comment... Les écouvillons qui ressemblent à un coton-tige sont donnés par le laboratoire mais ils ne vous disent pas forcément comment l'utiliser... Vous vous retrouvez au toilette et la question se pose "Je fais quoi ?"

Tout d'abord, lavez vous les mains pour ne pas contaminer le test et fausser le résultat.

Pour les écouvillons urétrals, anals ou vaginals, insérez le 1 à 2 centimètres puis tournez le sur lui même pendant 3 à 5 secondes. Ensuite placez le dans le tube qui a été fourni et cassez l'écouvillon au niveau du trait noir. Fermez le tube et secouez légèrement.

Si vous avez également un test d'urine à faire, il est important de faire les prélèvements PCR avec les écouvillons avant d'uriner car l'urine pourrait causer un faux résultat négatif.

Faut-il être à jeun pour un dépistage MST/IST ?

Alors non, ce n’est pas une règle absolue. Pour la plupart des tests IST/MST (sang, urine, prélèvements), vous n’avez pas besoin d’être à jeun. Mais certains laboratoires demandent parfois 2 heures sans manger avant une prise de sang, surtout pour des raisons de protocole ou selon le type de test effectué en parallèle (ex : glycémie, bilan général…). Si vous avez un doute, demandez à l’accueil du labo quand vous prenez rendez-vous. Mieux vaut être prévenu que de devoir revenir !

Test urinaire : pourquoi il faut le premier jet, et si possible du matin

Petit moment glamour : pour que le test urinaire pour les IST (chlamydia, gonocoque…) soit le plus fiable possible, il faut que ce soit le tout premier pipi du matin, et surtout le premier jet, pas en plein milieu du débit. Pourquoi ? Parce que c’est là que se concentre le plus de matériel génétique des bactéries recherchées.

Pas besoin de remplir un litre non plus : il suffit que le niveau d’urine atteigne la zone comprise entre les deux traits (min/max) sur le flacon. Pas plus, pas moins. Si jamais tu dépasses, ce n’est pas dramatique non plus — ils feront avec ce qu’ils peuvent !

Est-ce que le dépistage IST est anonyme et gratuit ?

Sur rendez-vous dans un CeGIDD, le dépistage est gratuit et anonyme, sans obligation de prescription. Pour les laboratoires classiques, certains prélèvements sont remboursés à 100% (notamment pour les moins de 26 ans). Sinon, avec une ordonnance, c’est pris en charge par la Sécu.

Dépistage des IST quand on est gay, bi ou pan : comment ça se passe ?

C’est pareil, mais pas toujours évident à dire, on le sait. Si tu pratiques le sexe anal ou oral, ou si tu as plusieurs partenaires, il faut le dire. Pas pour te juger, mais pour que les bons tests soient faits. Il peut s’agir de prélèvements spécifiques (rectal ou gorge), et ils ne sont pas faits systématiquement si tu ne précises rien.

Tu peux le dire à l’écrit (sur un formulaire si tu ne veux pas le dire à voix haute), ou simplement dire : “Je souhaite un dépistage complet, y compris pour les IST anales et pharyngées”. Et c’est tout.

Lavement ou pas avant un prélèvement anal pour les IST ?

Si vous passez un prélèvement anal (coucou les frottis rectaux), surtout ne vous lavez pas juste avant, et oubliez les lavements. Oui oui, c’est contre-intuitif, mais en fait on veut récupérer les bactéries présentes à la surface de la muqueuse pour pouvoir les analyser. Si vous nettoyez tout à fond, il n’y a plus rien à détecter. Résultat ? Un faux négatif.

Alors vraiment, comme dirait un célèbre fastfood : venez comme vous êtes, avec vos microbes. Ce n’est pas sale, c’est médical. Et si ça vous rassure : les soignants ont vu bien pire. Ce qui compte, c’est votre santé, pas l’état de votre hygiène ce matin-là.

Les symptômes des IST

Brûlures, démangeaisons, pertes inhabituelles, picotements ou maux de gorge : ça peut être lié à une IST. Mais dans la majorité des cas, il n’y a aucun signe visible. C’est pourquoi un dépistage régulier reste la meilleure protection.

À partir de combien de temps apparaissent les symptômes des IST ?

Certaines IST se manifestent très rapidement, d’autres peuvent rester silencieuses pendant longtemps, voire indéfiniment. C’est d’ailleurs ce qui les rend parfois difficiles à détecter sans dépistage. Par exemple, les symptômes de la gonorrhée ou de la chlamydia peuvent apparaître entre 2 et 7 jours après le rapport à risque, mais ils peuvent aussi ne jamais se manifester. Pour la syphilis, les premiers signes (souvent un petit chancre indolore) peuvent survenir entre 10 et 90 jours après l’infection. Le VIH, quant à lui, peut provoquer un syndrome pseudo-grippal environ 2 à 4 semaines après la contamination, mais là encore, certains ne ressentent rien du tout. Moralité : l’absence de symptômes ne veut pas dire qu’on est négatif, d’où l’importance de se faire dépister régulièrement, même sans signe apparent.

Peut-on contracter une IST avec des sextoys ou le sexe oral ?

Oui. Le sexe oral peut transmettre la syphilis, l’herpès, la chlamydia… Et les sextoys partagés sans nettoyage ou préservatif peuvent aussi être vecteurs. Pensez à utiliser préservatifs ou lavages adaptés, et à désinfecter ou protéger vos jouets. Vous pouvez par exemple acheter un nettoyant spécial sextoys pour éviter la transmission d'IST. Enfin, séchez bien les jouets à l'air libre avant de les ranger dans un tiroir ou une pochette pour éviter l'humidité et le développement de bactéries.

Combien de temps pour avoir les résultats d’un dépistage IST ?

En général, il faut entre 24 et 72 heures. Pour le VIH, c’est parfois un peu plus long. Mais bonne nouvelle : certains centres proposent des tests rapides TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) pour le VIH ou l’hépatite C. Le résultat est disponible en 15 à 20 minutes seulement, avec une simple goutte de sang au bout du doigt.

Attention toutefois : ces tests ne sont fiables qu’à partir de 3 mois après la prise de risque. Avant, ils peuvent ne pas détecter l’infection (la fameuse “fenêtre sérologique”).

Il existe aussi des autotests VIH à faire chez soi, disponibles en pharmacie. Eux aussi doivent être faits 3 mois après une exposition à risque pour être interprétés correctement.

Résultat positif : que faire ?

Ne pas s’inquiéter. La plupart des IST se soignent rapidement (antibiotiques, traitements locaux ou oraux). Par exemple, la gonorrhée se soigne en 7 jours avec une seule injection d'un antibiotique (ceftriaxone) en intramusculaire c'est a dire dans la fesse. Pour les maladies chroniques comme le VIH, il se soigne bien désormais s'il est pris en charge rapidement, d'où l'importance de se dépister régulièrement. Les personnes touchées par le virus peuvent apprendre à vivre avec et ne plus être contagieux par la suite. Il est recommandé d’informer vos partenaires récents pour qu’ils se fassent aussi dépister. Si besoin, un·e professionnel·le de santé ou une association peut vous accompagner pour en parler.

⛔ Même si un test revient négatif trop tôt après une exposition, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’infection. Un retest est souvent nécessaire pour confirmer le résultat.

Prévention : comment éviter les IST ?

  • Utilisez des préservatifs (externe, interne, ou une digue dentaire pour le sexe oral) en surveillant la date de péremption, sans le laisser à la chaleur et en l'appliquant correctement pour éviter qu'il craque. Consultez notre article pour voir comment mettre un préservatif

  • Dépistez-vous régulièrement.

  • Informez vos partenaires.

  • La PrEP, c’est aussi une solution pour prévenir le VIH chez certaines personnes.

  • Pensez à être à jour ou faire votre vaccination (hépatite B, HPV) pour une protection renforcée, idéalement avant 20 à 25 ans. Vérifiez si votre taux d'anti-HBS est supérieur à 10Ul/L sur vos résultats de dépistage. A noter que les garçons sont aussi encouragés à se faire vacciner contre le papillomavirus.

Dépistage IST : rappel utile

La santé sexuelle, ce n'est pas un sujet tabou : c’est un droit et un geste de bienveillance, pour soi et pour les autres. Dialoguer, se protéger, et se tester régulièrement sont les clés pour vivre sereinement ses choix intimes.

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